Pour le retour d'un proche à la maison, il existe plusieurs aides, et chacune a son rôle. L'Assurance maladie rembourse une partie du matériel sur ordonnance et peut organiser les premiers rendez-vous avec le service Prado. La caisse de retraite et le département aident pour le quotidien, et MaPrimeAdapt' finance les travaux. Le bon point de départ est l'assistant social de l'hôpital.
Avant la sortie : trois personnes à voir
L'assistant social de l'hôpital
C'est l'interlocuteur à contacter en premier, pendant l'hospitalisation. Le portail national pour les personnes âgées conseille de prendre contact avec le service social de l'hôpital pour étudier les solutions possibles. Il peut préparer la demande d'aide au retour à domicile auprès de la caisse de retraite, et vous orienter vers les autres dispositifs.
Demandez à le voir dès que la date de sortie se précise. Venez avec la carte Vitale de votre proche, le nom de sa caisse de retraite et, si possible, son dernier avis d'imposition.
Le kiné et l'ergothérapeute du service
Ils savent ce que votre proche peut faire seul et ce qu'il doit éviter. Posez-leur la question directement : quel matériel conseillez-vous pour la maison ? Le kiné peut aussi prescrire certains dispositifs, comme une potence ou un déambulateur.
Le conseiller Prado, s'il existe
Prado est le service de retour à domicile de l'Assurance maladie. Il est gratuit. Un conseiller rencontre le patient à l'hôpital, puis organise avec lui les premiers rendez-vous en ville : médecin traitant, infirmier, kiné.
Selon l'Assurance maladie, Prado est proposé notamment :
- après une chirurgie, quand l'équipe hospitalière juge l'accompagnement utile ;
- aux personnes de 75 ans et plus, quel que soit le motif de l'hospitalisation, avec un premier rendez-vous chez le médecin traitant et un bilan infirmier dans les 7 jours, et parfois une aide à domicile ou un portage de repas.
Il n'est pas proposé dans tous les établissements. Pour une opération programmée, l'inscription peut être demandée dès la consultation avant l'intervention. Demandez à l'équipe si votre proche peut en bénéficier.
Le matériel remboursé sur ordonnance
L'Assurance maladie rembourse les dispositifs inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables, appelée LPP. Deux conditions : le dispositif doit figurer sur la liste, et il doit être prescrit.
Le petit appareillage est remboursé à 60 % du tarif de base au régime général. La complémentaire santé peut prendre en charge tout ou partie du reste. Le prix de vente peut être supérieur au tarif de base : demandez toujours au pharmacien ou au prestataire ce qui restera à payer.
Qui peut prescrire
- Le médecin, pour tout dispositif.
- Le kiné, dans une liste fixée par arrêté : potences, soulève-malades, cannes, béquilles, déambulateurs, barrières de lit, certains matelas et coussins de prévention des escarres, entre autres.
- L'infirmier, dans une liste fixée par arrêté et dans le cadre de ses soins : certains matelas et coussins anti-escarres, et le renouvellement à l'identique des bas de compression, en informant le médecin traitant.
Ce qui est souvent remboursé, ce qui l'est rarement
| Matériel | Sur la LPP | À vérifier |
|---|---|---|
| Lit médicalisé et potence | Oui | Achat ou location selon le cas |
| Chaise percée | Oui | Prescription nécessaire |
| Matelas et coussins anti-escarres | Oui | Le type dépend du risque, avis soignant |
| Cannes, déambulateur | Oui | Prescription possible par le kiné |
| Rehausseur de WC, barres d'appui | En général non | Aides du département ou de la caisse de retraite |
| Siège de douche, enfile-bas, pince | Selon le modèle | Demander le code LPP au pharmacien |
Le bon réflexe : faites rédiger les ordonnances avant la sortie, pour avoir le matériel le jour du retour.
L'aide de la caisse de retraite
Les caisses de retraite proposent une aide au retour à domicile après hospitalisation, souvent appelée ARDH. Selon le portail national pour les personnes âgées :
- elle dure trois mois au maximum ;
- elle est accordée sous conditions de ressources ;
- elle peut financer une aide à domicile, la livraison de courses, le portage de repas, une téléalarme ou des aides techniques ;
- la demande est faite par le service social de l'hôpital, qui prépare un plan d'aide avec l'équipe médicale.
Selon le régime, la caisse compétente est la Carsat, la Cnav en Île-de-France, la MSA ou une autre caisse. Le site info-retraite permet de savoir de quelle caisse dépend votre proche.
Attention : les prestations des caisses de retraite et l'APA ne se cumulent pas. Après les trois mois, la caisse peut proposer une aide plus durable selon les besoins.
L'APA, quand l'autonomie est durablement réduite
L'allocation personnalisée d'autonomie à domicile est versée par le département. Selon service-public.fr :
- elle concerne les personnes de 60 ans et plus ;
- il faut être classé en GIR 1 à 4, c'est-à-dire avoir une perte d'autonomie évaluée ;
- le plan d'aide peut financer une aide à domicile, des aides techniques et des travaux d'adaptation du logement ;
- la demande se fait auprès du conseil départemental, en ligne ou par formulaire selon les départements ;
- le département a deux mois pour décider, à partir du dossier complet.
En cas d'urgence médicale ou sociale, une APA en urgence peut être accordée à titre provisoire, pour un montant de 1 040,17 € en 2026 selon le portail national pour les personnes âgées.
Pour une personne de moins de 60 ans en situation de handicap, c'est la prestation de compensation du handicap (PCH), auprès de la MDPH, qui joue ce rôle.
MaPrimeAdapt' pour les travaux
MaPrimeAdapt' est l'aide de l'Anah pour adapter le logement à la perte d'autonomie. Elle finance des travaux, pas l'achat de petit matériel. Selon service-public.fr :
- Qui : les personnes de 70 ans et plus, ou de 60 à 69 ans classées en GIR, ou avec un taux d'incapacité d'au moins 50 %, propriétaires occupants ou locataires du parc privé, pour leur résidence principale.
- Ressources : revenus modestes ou très modestes selon les plafonds de l'Anah.
- Combien : 50 % ou 70 % du montant des travaux selon les revenus, dans la limite de 22 000 € HT de travaux.
- Quels travaux : par exemple une douche à la place d'une baignoire, des barres d'appui, des WC surélevés, un éclairage à détection de mouvement, un monte-escalier.
- Comment : un assistant à maîtrise d'ouvrage agréé par l'Anah accompagne le projet. Il faut attendre l'accord de l'Anah avant de commencer les travaux.
Un conseiller France Rénov' peut vous renseigner gratuitement. Les délais d'instruction peuvent être longs : MaPrimeAdapt' sert à préparer la suite, pas à équiper la maison pour une sortie la semaine prochaine. Pour les premiers jours, misez sur du matériel posé sans travaux.
L'ergothérapeute, l'allié qu'on oublie
L'ergothérapeute est le spécialiste de l'aménagement du domicile et des aides techniques. Il observe comment votre proche bouge, puis propose le matériel et les réglages adaptés.
- À l'hôpital ou en centre de rééducation, il fait partie de l'équipe : demandez s'il y en a un dans le service.
- En ville, ses visites ne sont en général pas remboursées par l'Assurance maladie. Certaines complémentaires santé et caisses de retraite financent une évaluation du logement : posez-leur la question.
- Dans le cadre d'une demande d'APA ou de MaPrimeAdapt', une évaluation des besoins est prévue.
Récapitulatif : qui fait quoi
| Besoin | Aide | Auprès de qui |
|---|---|---|
| Organiser les premiers rendez-vous | Prado | Équipe de l'hôpital, Assurance maladie |
| Matériel médical inscrit à la LPP | Remboursement sur ordonnance | Médecin, kiné, infirmier, puis pharmacien ou prestataire |
| Aide à domicile et aides techniques, trois premiers mois | Aide au retour à domicile | Assistant social de l'hôpital, caisse de retraite |
| Perte d'autonomie durable, 60 ans et plus | APA | Conseil départemental |
| Travaux d'adaptation | MaPrimeAdapt' | Conseiller France Rénov', Anah |
| Choisir le matériel | Ergothérapeute | Hôpital, complémentaire, caisse de retraite |
Votre check-list
- J'ai demandé à voir l'assistant social de l'hôpital.
- J'ai demandé si Prado est proposé.
- J'ai la liste du matériel conseillé par le kiné ou l'ergothérapeute.
- J'ai les ordonnances pour ce qui est remboursable.
- Je sais de quelle caisse de retraite dépend mon proche.
- J'ai vérifié ce que couvre sa complémentaire santé.
Pour choisir le matériel pièce par pièce, voyez nos pages Salle de bain, Toilettes, Chambre et lit et Gestes du quotidien. Si votre proche rentre après une opération de la hanche, lisez aussi notre guide de la sortie d'hôpital après une prothèse de hanche.